Cliquez sur les expressions précédées
du signe + pour les
développer.
HYPERTEXTES :
— Accueil
+
Tite-Live
+
Aulu-Gelle
–›Présentation
–›Edition d'origine
–›Notice d'origine
–›Préface
+
Liber primus
Capitula
I, 1
I, 2
I, 3
I, 4
I, 5
I, 6
I, 7
I, 8
I, 9
I, 10
I, 11
I, 12
I, 13
I, 14
I, 15
I, 16
I, 17
I, 18
I, 19
I, 20
I, 21
I, 22
I, 23
I, 24
I, 25
I, 26
+
Salluste
–›Présentation
–›Edition d'origine
–›Préface
+
Lettre I
I, 1
I, 2
I, 3
I, 4
I, 5
I, 6
I, 7
I, 8
I, 9
I, 10
I, 11
I, 12
I, 13
+
Lettre II
|
RETIARIVS - Salluste : Préface (édition d'origine)
Les anciens éditeurs et traducteurs de Salluste avaient
interverti l'ordre de ces deux Lettres à César,
plaçant la première celle qui est ici la seconde,
et de la seconde faisant la première mais de Brosses,
Beauzée, et après eux MM. Salverte, Dureau de
Lamalle, Lebrun et Burnouf les ont replacées dans l'ordre
convenable à la vérité historique, et
à la suite logique des idées, qui sont bien
différentes dans l'une et dans l'autre.
Dans la première, qui a été écrite
environ un an avant la rupture de Pompée et de
César, dans le temps où celui-ci se bornait
à demander un second consulat (an de Rome 705), ou selon
quelques traducteurs, postérieurement au passage du
Rubicon, et antérieurement à l'arrivée de
César à Rome, Salluste montre comment le peuple a
peu à peu dégénéré de son
antique simplicité, de ses mœurs pures et
innocentes, de son amour désintéressé de la
liberté; il indique ensuite les moyens les plus propres
à faire renaître dans les Romains leur primitive
vertu : il faut appeler à Rome des citoyens nouveaux et
les mêler avec les anciens; instituer des tribunaux, et
dans ces tribunaux quelque chose qui ressemble à notre
jury; établir une égalité parfaite entre les
citoyens pauvres et les citoyens riches, soit qu'il faille
créer des magistrats, ou participer d'une manière
quelconque aux affaires de la république : semblant de
liberté dans le despotisme. Il demande aussi que. l'on
donne à l'éducation de la jeunesse une direction
morale, qu'on rétablisse les bonnes mœurs qu'on a
détruites, ou du moins qu'on diminue la cupidité
des richesses. Tous conseils fort sages assurément, et
dont quelques-uns ont été mis en pratique par
César; mais qui les donne ? est-ce le spoliateur de
l'Afrique; l'homme qui avait dilapidé les deniers du fisc
et ceux des particuliers ? Oui, c'est bien le même
personnage; c'est le sénateur, chassé du
sénat pour ses désordres; c'est aussi le tribun
factieux qui, de démagogue devenu partisan du pouvoir, en
même temps qu'il parle des moyens de rétablir la
liberté de Rome, conseille à César de
transformer la république en monarchie, et s'emporte par
avance contre ceux à qui ce changement pourrait ne pas
agréer : "Je ne l'ignore pas, dit-il, quand ce changement
s'opérera, les nobles deviendront furieux, indignés
qu'ils seront que tout soit ainsi confondu, et qu'une telle
servitude soit imposée aux citoyens." Les nobles qui, pour
renverser la tyrannie que Salluste encourageait, eussent, selon
son expression, excité des tempêtes, n'auraient-ils
pas bien plus naturellement invoqué, pour justifier leur
conduite, cette même liberté, que ne l'invoquait
Salluste pour justifier la domination de César ?
La seconde lettre fut évidemment écrite
après la bataille de Pharsale, peut-être même
après l'entier achèvement de la guerre civile.
L'auteur s'attache à montrer à César les
difficultés qui doivent naître sous ses pas,
à mesure qu'il voudra affermir sa puissance; ce qu'il y a
a craindre, ce n'est plus la paix. mais la guerre. Pour sortir
heureusement de cette position périlleuse, il doit calmer
les haines, faire taire ses propres vengeances : la
clémence, en ramenant la concorde, peut seule assurer
l'existence de la république. A ces conseils de
modération, Salluste joint des avis plus pratiques : il
veut que l'on augmente le nombre des sénateurs, et qu'on
établisse le scrutin secret; il s'élève de
nouveau contre la fureur des richesses et demande qu'on abolisse
l'usure pour l'avenir.
Deux commentateurs, Cortius et Carrion, ont, nous l'avons dit,
contesté à Salluste ce titre littéraire.
Carrion en a donné pour preuve qu'aucun grammairien n'a
cité ces deux Lettres. Mais ce silence n'est pas
très concluant; car, quand la Grande Histoire de Salluste,
quand son Catilina et son Jugurtha fournissaient aux scoliastes
tant d'exemples, ils ont bien pu négliger ces deux
Lettres, qui, par leur sujet, n'eurent sans doute que peu de
publicité, et ne pouvaient guère devenir classiques
dans les écoles de Rome; ce ne sont en effet que deux
pamphlets politiques. Il faut donc, bien que l'on puisse avoir
quelques doutes, se ranger à l'opinion
générale, qui les a attribuées à
Salluste et les lui maintient.
Cependant je ne saurais partager l'avis de certains
traducteurs qui trouvent que dans aucun de ses écrits
Salluste ne déploie plus d'énergie de style, plus
de concision et plus de profondeur. Sans doute on y retrouve
cette vigueur d'expression et ce relief de la phrase que l'on
admire dans le Jugurtha et le Catilina; mais souvent aussi
l'obscurité et l'embarras s'y font sentir. Les
idées surtout me paraissent manquer d'ordre et de
clarté; c'est, si je l'ose dire, une brochure vive et
quelquefois éloquente, mais encore plus violente et
déclamatoire.
|