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Aulu-Gelle
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Liber primus
Capitula
I, 1
I, 2
I, 3
I, 4
I, 5
I, 6
I, 7
I, 8
I, 9
I, 10
I, 11
I, 12
I, 13
I, 14
I, 15
I, 16
I, 17
I, 18
I, 19
I, 20
I, 21
I, 22
I, 23
I, 24
I, 25
I, 26
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Salluste
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Lettre I
I, 1
I, 2
I, 3
I, 4
I, 5
I, 6
I, 7
I, 8
I, 9
I, 10
I, 11
I, 12
I, 13
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Lettre II
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RETIARIVS - Salluste, Ep. I, 5
V. La république fut toujours divisée en deux
classes, je le pense, et la tradition de nos pères en fait
foi : les patriciens et les plébéiens. Aux
patriciens fut primitivement dévolue l'autorité
suprême; mais dans le peuple n'en résidait pas moins
la force réelle. Aussi y eut-il souvent scission dans
l'État; et la noblesse ne cessa de perdre de ses
privilèges, tandis que les droits du peuple
s'étendaient. Ce qui faisait que le peuple vivait libre,
c'est qu'il n'y avait personne dont le pouvoir fût
au-dessus des lois : ce n'étaient ni les richesses, ni
l'orgueil, mais la considération et la valeur, qui
mettaient le patricien au-dessus du plébéien. Dans
son champ ou à l'armée, le moindre citoyen, ne
manquant, jamais de l'honnête nécessaire, se
suffisait à lui-même, suffisait à la patrie.
Mais, lorsque, chassés peu à peu de leur patrimoine
(12),
les citoyens eurent été réduit
par l'oisiveté et la misère à n'avoir plus
de demeure assurée, ils commencèrent à
compter sur les richesses d'autrui, et à faire de leur
La même idée
se trouve reproduite dans la Guerre de Jugurtha
(ch. XLI): Interea parentes... sedibus pellebantur.
liberté et de la chose publique un trafic honteux. Ainsi
peu à peu, le peuple, qui était souverain et en
possession de commander à toutes les nations, est venu
à se désorganiser (13);
et, au lieu d'une part dans
l'autorité publique, chacun s'est créé sa
servitude particulière. Or cette multitude, d'abord
infectée de mauvaises mœurs, puis adonnée
à une diversité infinie de métiers et de
Dans la Guerre de Jugurtha,
même chapitre : Plebis vis, soluta atque dispersa in
multitudine, minus poterat.
genres de vie, composée d'éléments
incohérents, est, à mon avis, bien peu propre au
gouvernement de l'État. Cependant, après
l'introduction de nouveaux citoyens, j'ai grand espoir que tous
se réveilleront pour la liberté, puisque chez les
uns naîtra le désir de conserver cette
liberté, et chez les autres celui de mettre fin à
leur servitude. Je pense donc que, ces nouveaux citoyens
mêlés avec les anciens, vous pourrez les
établir dans les colonies (14) :
ainsi s'accroîtront
nos forces militaires, et le peuple, occupé à des
travaux honorables, cessera de faire le malheur public.
La plupart des conseils que Salluste
donne ici sur la formation des colonies, sur l'augmentation
du sénat, furent suivis par César, à
son retour à Rome. Suétone (ch. XLII) nous
apprend que César distribua quatre-vingt mille citoyens dans
les colonies d'outre-mer.
V. In duas partes ego civitatem divisam arbitror, sicut a majoribus accepi, in Patres, et plebem. Antea in Patribus summa auctoritas erat, vis multo maxuma in plebe. Itaque sæpius in civitate secessio fuit; semperque nobilitatis opes deminutæ sunt, et jus populi amplificatum. Sed plebes eo libere agitabat, quia nullius potentia super leges erat; neque divitiis, aut superbia, sed bona fama factisque fortibus nobilis ignobilem anteibat : humillumus quisque in armis, aut militia, nullius honestæ rei egens, satis sibi, satisque patriæ erat. Sed, ubi eos paullatim expulsos agris, inertia, atque inopia incertas domos habere subegit; cœpere alienas opes petere, libertatem suam cum republica venalem habere. Ita paullatim populus, qui dominus erat, et cunctis gentibus imperitabat, dilapsus est : et, pro communi imperio, privatim sibi quisque servitutem peperit. Hæc igitur multitudo primum malis moribus imbuta, deinde in artes, vitasque varias dispalata, nullo modo inter se congruens, parum mihi quidem idonea videtur ad capessendam rempublicam. Ceterum, additis novis civibus, magna me spes tenet, fore, ut ornnes expergiscantur ad libertatem : quippe quum illis libertatis retinendæ, tum his servitutis amittendæ cura orietur. Hos ego censeo, permixtos cum veteribus novos, in coloniis constituas : ita et res militaris opulentior erit, et plebes bonis negotiis impedita malum publicum facere desinet. |
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