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Aulu-Gelle
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Liber primus
Capitula
I, 1
I, 2
I, 3
I, 4
I, 5
I, 6
I, 7
I, 8
I, 9
I, 10
I, 11
I, 12
I, 13
I, 14
I, 15
I, 16
I, 17
I, 18
I, 19
I, 20
I, 21
I, 22
I, 23
I, 24
I, 25
I, 26
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Salluste
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Lettre I
I, 1
I, 2
I, 3
I, 4
I, 5
I, 6
I, 7
I, 8
I, 9
I, 10
I, 11
I, 12
I, 13
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Lettre II
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RETIARIVS - Salluste, Ep. I, 10
X. Lorsque avec l'âge mon esprit se fut
développé, assez peu j'exerçai mon corps aux
armes et à l'équitation, mais j'appliquai mon
intelligence à la culture des lettres, consacrant ainsi
aux travaux la portion de moi-même que la nature avait
douée d'une plus grande vigueur (22).
Or tout ce que m'ont
appris dans ce genre de vie la lecture et la conversation m'a
convaincu que tous les royaumes, toutes les cités, tous
Ce passage rappelle ce que Salluste a dit de lui-même
au quatrième chapitre de la Catilinaire.
les peuples, ont été puissants et heureux tant
qu'ils ont obéi à de sages conseils; mais qu'une
fois corrompus par la flatterie, la crainte ou la volupté,
leur puissance a été aussitôt affaiblie;
qu'ensuite l'empire leur a été enlevé;
qu'enfin ils sont tombés dans l'esclavage.
Il m'est bien démontré aussi que celui qui se
voit au-dessus de ses concitoyens par le rang et le pouvoir prend
fortement à cœur le bien de l'État. Pour les
autres, en effet, le salut de l'État n'est que la
conservation de leur liberté; mais celui qui, par son
mérite, s'est élevé aux richesses, aux
distinctions, aux honneurs, pour peu que la république
ébranlée éprouve quelque agitation,
aussitôt son âme succombe sous le poids des soucis et
de l'anxiété. C'est tout à la fois sa
gloire, sa liberté, sa fortune, qu'il lui faut
défendre : il faut que partout il soit présent et
s'évertue. Plus, dans les temps heureux, il s'est vu dans
une situation florissante, plus, dans les revers, il est en proie
à l'amertume et aux alarmes. Lors donc que le peuple
obéit au sénat comme le corps à l'âme,
lorsqu'il exécute ses décisions, c'est dans la
sagesse que les sénateurs trouvent leur force; le peuple
n'a pas besoin de tant de sagacité. Aussi nos
ancêtres, accablés sous le poids des guerres les
plus rudes, après la perte de leurs soldats, de leurs
chevaux, de leur argent, ne se lassèrent jamais de
combattre armés pour l'empire : ni l'épuisement du
trésor public, ni la force de l'ennemi, ni les revers,
rien ne fit descendre leur cœur indomptable à penser
que, tant qu'il leur resterait un souffle de vie, ils pussent
céder ce qu'ils avaient acquis par leur courage. Et c'est
la fermeté dans leurs conseils, bien plus que le bonheur
des armes, qui leur a valu tant de gloire. Pour eux, en effet, la
république était une; elle était le centre
de tous les intérêts, et il n'y avait de ligues que
contre l'ennemi; et, si chacun déployait toutes les
facultés de l'esprit et du corps, c'était pour la
patrie, et non pour son ambition personnelle.
Aujourd'hui, au contraire, les nobles, vaincus par l'indolence
et la lâcheté, ne connaissent ni les fatigues, ni
l'ennemi, ni la guerre; ils forment dans l'Etat une faction
compacte, armée, qui gouverne avec insolence toutes les
nations. Aussi le sénat, dont la sagesse faisait autrefois
le soutien de la république en ses dangers, opprimé
désormais, flotte ça et là, poussé
par le caprice d'autrui, décrétant aujourd'hui une
chose, demain tout le contraire : c'est au gré de la haine
et de l'arrogance de ceux qui dominent qu'il prononce qu'une
chose est utile ou nuisible à l'intérêt
public.
X. Postquam mihi ætas ingeniumque adolevit, haud ferme armis, atque equis, corpus exercui, sed animum in litteris agitavi; quod natura firmius erat, id in laboribus habui. Atque ego in ea vita, multa legendo atque audiendo ita comperi, omnia regna, item civitates, nationes, usque eo prosperum imperium habuisse, dum apud eos vera consilia valuerunt : ubicumque gratia, timor, voluptas, ea corrupere, post paullo imminutæ opes, deinde ademtum imperium, postremo servitus imposita est.
Equidem ego sic apud animum meum statuo: cuicumque in sua civitate amplior illustriorque locus, quam aliis est, ei magnam curam esse reipublicæ. Nam ceteris, salva urbe, tantummodo libertas tuta est; qui per virtutem sibi divitias, decus, honorem pepererunt, ubi paullum inclinata respublica agitari cœpit, multipliciter animus curis, atque laboribus fatigatur; aut gloriam, aut libertatem, aut rem familiarem defensat: omnibus locis adest, festinat; quanto in secundis rebus florentior fuit, tanto in advorsis asperius, magisque anxie agitat. Igitur ubi plebes senatui, sicuti corpus animo, obedit, ejusque consulta exsequitur, Patres consilio valere decet, populo supervacanea est calliditas. Itaque majores nostri, quum bellis asperrumis premerentur, equis, viris, pecunia amissa, numquam defessi sunt armati de imperio certare. Non inopia ærarii, non vis hostium, non advorsa res, ingentem eorum animum subegit, quin, quæ virtute ceperant, simul cum anima retinerent. Atque ea magis fortibus consiliis, quam bonis prœliis, patrata sunt. Quippe apud illos una respublica erat, ei omnes consulebant; factio contra hostes parabatur; corpus atque ingenium, patriæ, non suæ quisque potentiæ, exercitabat.
At hoc tempore contra, homines nobiles, quorum animos socordia atque ignavia invasit, ignari laboris, hostium, militiæ, domi factione instructi, per superbiam cunctis gentibus moderantur. Itaque Patres, quorum consilio antea dubia respublica stabiliebatur, obpressi, ex aliena lubidine huc atque illuc fluctuantes agitantur; interdum alia, deinde alia decernunt: ut eorum, qui dominantur, simultas ac arrogantia fert, ita bonum, malumque publicum existumant.
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