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Salluste
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Lettre I
I, 1
I, 2
I, 3
I, 4
I, 5
I, 6
I, 7
I, 8
I, 9
I, 10
I, 11
I, 12
I, 13
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Lettre II
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Aulu-Gelle
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Liber primus
Capitula
I, 1
I, 2
I, 3
I, 4
I, 5
I, 6
I, 7
I, 8
I, 9
I, 10
I, 11
I, 12
I, 13
I, 14
I, 15
I, 16
I, 17
I, 18
I, 19
I, 20
I, 21
I, 22
I, 23
I, 24
I, 25
I, 26
+
Tite-Live
|
RETIARIVS - Tite-Live, XXX, 12 (2)
XXX, 12 (2)
| En tant que collaborateur du
site "Weblettres", je ne peux que vous recommander d'aller voir
les pages qui y traitent le même passage selon une autre
démarche, sûrement plus immédiatement
efficace pour un élève. En voici le menu. |
|
| M.-A. Bernolle a adapté
le travail de Weblettres à une séquence
en classe de Première; chaque
séance est détaillée, et mise en rapport avec
les pages correspondantes de Weblettres. |
| Pour l'histoire de Sophonisbe
(XXX, 12-15), le site du Gelahn propose la traduction
de Pierre du Ryer (1659) et le vocabulaire
essentiel de ces mêmes chapitres, dans l'ordre du
texte. |
Après les historiens
antiques Diodore et Dion Cassius,
Chateaubriand relate cet
épisode, ainsi que Michelet.
Sophonisbe connaît une postérité dans la
tragédie, l'imaginaire romantique,
les beaux-arts et
même la psychiatrie. |
|
Syphax courut alors sur les escadrons ennemis, dans l'espoir
que la honte ou son propre danger arrêterait la fuite ;
mais son cheval fut grièvement blessé et le jeta
à terre. On entoura le roi, on se rendit maître de
sa personne et on le conduisit vivant à Lélius :
spectacle plus doux pour Masinissa que pour tout autre. Dans ce
combat, le carnage ne répondit pas à la victoire,
parce que la cavalarie seule avait donné ; il n'y eut pas
plus de cinq mille hommes tués ; et l'on ne porte pas
à la moitié de ce nombre celui des prisonniers
faits à l'attaque du camp, où les vaincus
s'étaient jetés en foule, dans l'effroi que causait
la perte du roi.
Cirta était la capitale des états de Syphax : ce
fut là que s'étaient réunis un grand nombre
de ses soldats. Masinissa déclara qu'il n'y aurait en ce
moment rien de plus beau pour lui que de revoir en vainqueur ses
états héréditaires qu'il venait de recouvrer
après un si long exil ; mais que la bonne comme la
mauvaise fortune ne permettait point de perdre un seul instant.
Il pouvait, si Lélius lui laissait prendre les devants
avec sa cavalerie, et Syphax chargé de ses fers,
surprendre Cirta et l'écraser dans son trouble et son
désordre. Lélius le suivrait avec son infanterie
à petites journées. Lélius y consentit ; et
Masinissa, ayant paru sous les murs de Cirta, fit demander une
entrevue aux principaux habitants. Ils ignoraient le sort du roi
; aussi le récit de ce qui s'était passé,
les menaces, la persusasion, tout fut sans effet, jusqu'au moment
où on amena devant eux le roi chargé de
chaînes. A cet affreux spectacle, des pleurs
coulèrent de tous les yeux, et, tandis que les uns
désertaient la place dans leur frayeur, les autres, avec
cet empressement unanime de gens qui cherchent à
fléchir leur vainqueur, se hâtèrent d'ouvrir
les portes. Masinissa envoya des détachements aux portes
et sur les points importants des remparts, pour fermer toute
issue à ceux qui voudraient fuir, et courut au galop de
son cheval s'emparer du palais.
Comme il entrait sous le vestibule, il rencontra sur le seuil
même Sophonisbe, femme de Syphax et fille du Carthaginois
Hasdrubal. Quand elle aperçut au milieu de l'escorte
Masinissa, qu'il était facile de reconnaître, soit
à son armure, soit à l'ensemble de son
extérieur, présumant avec raison que c'était
le roi, elle se jeta à ses genoux : "Nous sommes, lui
dit-elle, entièrement à votre discrétion ;
les Dieux, votre valeur et votre heureuse fortune en ont ainsi
décidé. Mais s'il est permis à une captive
d'élever une voix suppliante devant celui qui peut donner
la vie ou la mort, s'il lui est permis d'embrasser ses genoux et
de toucher sa main victorieuse, je vous prie et vous conjure au
nom de cette majesté royale qui naguère nous
entourait aussi, au nom de ce titre de Numide que vous partagez
avec Syphax, au nom des dieux de ce palais, dont je souhaite que
la protection ne vous manque pas en y entrant comme elle a
manqué à Syphax lorsqu'il s'en est
éloigné ; accordez à mes supplications la
grâce de décider vous-même du sort de votre
captive, selon les inspirations de votre âme, et de
m'épargner les superbes et cruels dédains d'un
maître romain. Quand je ne serais que la femme de Syphax,
c'en serait assez pour que j'aimasse mieux m'abandonner à
la discrétion d'un Numide, d'un prince africain comme moi,
qu'à celle d'un étranger et d'un inconnu. Mais que
ne doit pas craindre d'un Romain une femme carthaginoise, la
fille d'Hasdrubal ? Vous le savez. Si vous n'avez pas en votre
pouvoir d'autre moyen que la mort pour me soustraire à la
dépendance des Romains, tuez-moi, je vous en supplie te je
vous en conjure.". Sophonisbe était d'une rare
beauté ; elle avait tout l'éclat de la jeunesse.
Elle baisait la main du roi, et en lui demandant sa parole qu'il
ne la livrerait pas à un Romain, son langage ressemblait
plus à des caresses qu'à des prières. Aussi
l'âme du prince se laissa-t-elle aller à un autre
sentiment que la compassion : avec cet emportement de la passion
naturel aux Numides, le vainqueur s'éprit d'amour pour sa
captive, lui donna sa main comme gage de la promesse qu'elle
réclamait de lui, et entra dans le palais. Resté
seul avec lui-même, il s'occupa des moyens de tenir sa
parole, et, ne sachant décider, il n'écouta que son
amour et prit une décision aussi téméraire
qu'imprudente. Il ordonna sur-le-champ de faire les
préparatifs de son mariage pour le jour mêrme, afin
de ne laisser ni à Lélius ni à Scipion le
droit de traiter comme captive une princesse qui serait
l'épouse de Masinissa. Le mariage était accompli
lorsque Lélius arriva. Loin de lui dissimuler son
mécontentement, Lélius voulut d'abord arracher
Sophonisbe du lit nuptial, pour l'envoyer à Scipion avec
Syphax et les autres prisonniers ; puis il se laissa
fléchir par les prières de Masinissa, qui le
conjurait de ne pas décider quel serait celui des deux
rois dont elle suivrait la fortune, et d'en faire Scipion
arbitre. Il fit donc partir Syphax et les prisonniers, et,
secondé par Masinissa, il reprit les autres villes de
Numidie occupées encore par les garnisons royales.
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Intranti
vestibulum, in ipso limine Sophonisba, uxor Syphacis, filia Hasdrubalis Poeni, occurrit, et, cum in medio agmine armatorum Masinissam insignem cum armis, tum cetero habitu conspexisset, regem esse, id quod erat, rata, genibus advoluta ejus :
" Omnia quidem ut posses in nobis di dederunt, virtusque et felicitas tua; sed si captivae apud dominum vitae necisque suae vocem supplicem mittere licet, si genua, si victricem attingere dexteram, precor quaesoque, per majestatem regiam, in qua paulo ante nos quoque fuimus, per gentis Numidarum nomen, quod tibi cum Syphace commune fuit, per hujusce regiae deos, qui te melioribus ominibus accipiant quam Syphacem hinc miserunt, hanc veniam supplici des, ut ipse, quodcumque fert animus, de captiva tua statuas, neque me in cujusquam Romani superbum et crudele arbitrium venire sinas. Si nihil aliud quam Syphacis uxor fuissem, tamen Numidae atque in eadem mecum Africa geniti quam alienigenae et externi fidem experiri mallem; quid Carthaginiensi ab Romano, quid filiae Hasdrubalis timendum sit vides. Si nulla re alia potes, morte me ut vindices ab Romanorum arbitrio oro obtestorque."
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