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RETIARIVS - Sujet sur Tite-Live (2003)
[1] Scipio, C. Laelio cum Syphace aliisque captivis Romam misso, cum
quibus et Masinissae legati profecti sunt, ipse ad Tyneta rursus
castra refert et quae munimenta inchoaverat permunit.
[2] Carthaginienses, non brevi solum sed prope vano gaudio ab satis
prospera in praesens oppugnatione classis perfusi, post famam capti
Syphacis, in quo plus prope quam in Hasdrubale atque exercitu suo
spei reposuerant, perculsi, [3] jam nullo auctore belli ultra
audito, oratores ad pacem petendam mittunt triginta seniorum
principes ; id erat sanctius apud illos consilium maximaque ad
ipsum senatum regendum vis. [4] Qui ubi in castra Romana et in
praetorium pervenerunt more adulantium (accepto, credo, ritu ex ea
regione ex qua oriundi erant) procubuerunt. [5] Conveniens oratio
tam humili adulationi fuit non culpam purgantium sed transferentium
initium culpae in Hannibalem potentiaeque ejus fautores. [6] Veniam
civitati petebant civium temeritate bis jam eversae, incolumi
futurae iterum hostium beneficio ; [ 7] imperium ex victis hostibus
populum Romanum, non perniciem petere ; paratis oboedienter servire
imperaret quae vellet.
[8] Scipio et venisse ea spe in Africam se ait, et spem suam
prospero belli eventu auctam, victoriam se non pacem domum
reportaturum esse, [9] tamen cum victoriam prope in manibus habeat,
pacem non abnuere, ut omnes gentes sciant populum Romanum et
suscipere juste bella et finire. [10] Leges pacis se has dicere :
captivos et perfugas et fugitivos restituant ; exercitus ex Italia
et Gallia deducant ; Hispania abstineant ; insulis omnibus quae
inter Italiam atque Africam sint decedant; [11] naves longas praeter
viginti omnes tradant, tritici quingenta, hordei trecenta milia
modium. [12] Pecuniae summam quantam imperaverit parum convenit ;
alibi quinque milia talentum, alibi quinque milia pondo argenti,
alibi duplex stipendium militibus imperatum invenio. [13] "His
condicionibus, inquit, placeatne pax triduum ad consultandum
dabitur. Si placuerit, mecum indutias facite, Romam ad senatum
mittite legatos." [14] Ita dimissi Carthaginienses, nullas
recusandas condiciones pacis cum censuissent quippe qui moram
temporis quaererent dum Hannibal in Africam trajiceret, [15] legatos
alios ad Scipionem ut indutias facerent, alios Romam ad pacem
petendam mittunt ducentes paucos in speciem captivos perfugasque et
fugitivos quo impetrabilior pax esset.
Tite-Live, Histoire Romaine, XXX,
16,1-15 |
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Laelius fut chargé de conduire Syphax à Rome avec
d'autres prisonniers ; les ambassadeurs de Masinissa partirent en
même temps que lui. Scipion ramena alors son armée
devant Tunis et acheva les travaux de fortification qu'il avait
abandonnés. Les Carthaginois s'étaient d'abord
réjouis du beau succès qu'ils avaient remporté
sur la flotte romaine, mais cette joie fut de courte durée
et ne tarda pas à se dissiper : apprenant la capture de
Syphax qui représentait tous leurs espoirs, peut-être
plus encore qu'Hasdrubal et son armée, ils perdirent courage
et refusèrent d'écouter ceux qui poussaient à
la guerre ; le sénat délégua trente de ses
membres, les plus considérables, pour demander la paix
à Scipion ; ce conseil restreint était
particulièrement respecté à Carthage et
exerçait une influence déterminante au sein du
sénat. A leur arrivée dans le camp, on les conduisit
à la tente du général : s'inclinant
jusqu'à terre, ils se prosternèrent devant lui selon
la coutume, je crois, de leur pays d'origine. Leur discours
était en accord avec une attitude si humble : ils ne
cherchaient pas à nier leurs torts mais rejetaient sur
Hannibal et sur ceux qui flattaient son ambition toute la
responsabilité de la guerre. Ils demandaient qu'on pardonne
à leur cité : à deux reprises, la sottise de
leurs concitoyens l'avait menée à la catastrophe et,
cette fois encore, c'était à la
générosité de ses vainqueurs qu'elle devrait
de rester debout. Rome imposait sa loi aux ennemis qu'elle avait
vaincus mais ne cherchait pas à les exterminer ; pour leur
part, ils étaient prêts à se soumettre à
ses ordres ; qu'il leur signifie ses volontés.
Scipion leur
répondit qu'il était venu en Afrique avec l'espoir de
rapporter dans son pays non pas la paix mais la victoire, et ses
succès n'avaient fait que renforcer cet espoir. Bien que la
victoire soit pratiquement acquise, il ne repoussait pourtant pas
leur demande, car il voulait faire savoir au monde. entier que Rome
respectait la légalité, qu'il s'agisse de
déclarer ou de terminer la guerre. Voici quelles
étaient ses conditions : les Carthaginois devaient rendre
les prisonniers, les déserteurs et les esclaves fugitifs ;
retirer leurs troupes d'Italie et de Gaule ; renoncer à
toute prétention sur l'Espagne ; et quitter toutes les
îles situées entre l'Italie et l'Afrique ; livrer tous
leurs navires de guerre à l'exception de vingt, cinq cent
mille boisseaux de blé, trois cent mille d'orge. Sur la
somme d'argent qu'il exigeait, les historiens ne sont pas d'accord
: je trouve ici cinq mille talents, là cinq mille livres
d'argent, selon d'autres auteurs, on aurait exigé deux fois
le prix de la solde. Scipion termina l'entretien par ces mots :
"Vous aurez trois jours pour décider si ces conditions vous
conviennent. Si vous les acceptez, venez conclure une trêve
avec moi et envoyez les ambassadeurs au sénat de Rome". Les
Carthaginois congédiés avec cette réponse
pensaient qu'il fallait accepter toutes ces conditions car ils
voulaient laisser à Hannibal le temps d'arriver en Afrique :
une délégation partit trouver Scipion pour conclure
la trêve ; d'autres délégués,
chargés de demander la paix se rendirent à Rome ;
quelques prisonniers, déserteurs et esclaves fugitifs,
partirent avec eux pour faciliter les négociations.
Traduction A. FLOBERT -
Flammarion 1994 |
QUESTIONS : (50 points; chacune vaut 10
points)
- Distinguez les différentes étapes du texte, en en
faisant valoir la progression dramatique.
- Dans les paragraphes 8 à 13 "Scipio ... legatos",
relevez ce qui marque la fermeté de Scipion en prenant appui
par exemple sur les modes verbaux et les figures de style.
- Analysez la structure syntaxique de la dernière phrase
en montrant comment sa complexité rend compte de
l'état d'esprit des Carthaginois.
- En quoi l'attitude et les exigences de Scipion sont-elles
représentatives de la politique de Rome ?
- Quelle conception de l'histoire cette page met-elle en
lumière ?
VERSION : (50 points)
Romulus et Remus nouveau-nés viennent d'être
abandonnés sur les bords du Tibre.
Vastae
tum in his locis solitudines erant. Tenet fama1, cum
fluitantem alveum, quo expositi erant pueri, tenuis in sicco aqua
destituisset, lupam sitientem ex montibus qui circa sunt ad
puerilem vagitum cursum flexisse ; eam submissas infantibus adeo
mitem praebuisse mammas ut lingua lambentem pueros magister regii
pecoris invenerit (Faustulo2 fuisse nomen ferunt) ; ab
eo ad stabula Larentiae uxori educandos datos3.
Tite-Live, Histoire
Romaine, I, 4, 6-7
Notes :
1 "Tenet
fama" : fert fama
2 Sous-entendre "ei" (Faustulo ei fuisse nomen)
3 Sous entendre "eos" (eos datos educandos)


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