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Aulu-Gelle
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Liber primus
Capitula
I, 1
I, 2
I, 3
I, 4
I, 5
I, 6
I, 7
I, 8
I, 9
I, 10
I, 11
I, 12
I, 13
I, 14
I, 15
I, 16
I, 17
I, 18
I, 19
I, 20
I, 21
I, 22
I, 23
I, 24
I, 25
I, 26
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Salluste
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Lettre I
I, 1
I, 2
I, 3
I, 4
I, 5
I, 6
I, 7
I, 8
I, 9
I, 10
I, 11
I, 12
I, 13
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Lettre II
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RETIARIVS - Aulu-Gelle
NOCTIVM ATTICARVM I, 7
In oratione Ciceronis quinta in Verrem, in libro spectatæ fidei Tironiana cura atque disciplina facto, ita scriptum fuit : " Homines tenues obscuro loco nati navigant : adeunt ad ea loca, quæ numquam ante adierant ; neque noti esse iis, quo venerunt, neque semper cum cognitoribus esse possunt. Hac una tamen fiducia civitatis, non modo apud nostros magistratus, qui et legum et existimationis periculo continentur, neque apud cives solum Romanos, qui et sermonis et juris et multarum rerum societate juncti sunt, fore se tutos arbitrantur, sed quocumque venerint, hanc sibi rem præsidio sperant futurum."
Videbatur
compluribus in extremo verbo menda esse : debuisse enim scribi [ putabant] non " futurum", sed futuram ; neque dubitabant quin liber emendandus esset, ne, ut in Plauti comœdia mœchus, ( sic enim mendæ suæ inludiabant), ita in Ciceronis oratione solœcismus esset manifestarius. Aderat ibi forte amicus noster, homo lectione multa exercitus, cui pleraque omnia veterum litterarum quæsita, meditata evigilataque erant. Is, libro inspecto, ait nullum esse in eo verbo neque mendum neque vitium : Ciceronem probe ac vetuste locutum. Nam futurum, inquit, non refertur ad rem, sicut legentibus temere et incuriose videtur, neque pro participio positum est ; sed verbum est indefinitum, quod Græci appellant ἀπαρέμφατον,
neque numeris neque generibus præserviens, sed liberum undique et inpromiscuum est. Quali C. Gracchus verbo usus est in oratione cujus titulus est : De Quinto Popilio circum
conciliabula, in qua ita scriptum est : " Credo ego inimicos meos hoc dicturum.." Inimicos, inquit, dicturum, et non dicturos. Videturne ea ratione positum esse apud Gracchum dicturum, qua est apud Ciceronem futurum ? Sicut in Græca oratione, sine ulla vitii suspicione, omnibus numeris generibusque sine discrimine attribuuntur hujuscemodi verba : ποιήσειν,
ἔσεσθαι,
λέξειν, et similia." In Cl. quoque Quadrigarii tertio Annali libro verba hæc esse dixit : " Dum ii conciderentur, hostium copias ibi occupatas futurum."
Non ergo isti omnes, solœcismus quid esset, ignoraverunt. Sed et Gracchus, dicturum, et Quadrigarius, futurum et [ bene] facturum, et Antias, processurum, et Plautus, occisurum, et Laberius, facturum, indefinito modo dixerunt. Qui modus neque in numeros, neque in personas, neque in genera [ neque in tempora], distrahitur, sed omnia istæc una eademque declinatione complectitur. Sicuti M. Cicero dixit futurum, non virili genere neque neutro ( solœcismus enim plane foret), sed verbo usus est ab omni necessitate generum absoluto.
non, ut dici solitum est, in mente. Sed enim præter Plautum, cujus ille in præsens exemplo usus est, multam nos quoque apud veteres scriptores locutionum talium copiam offendimus ; atque his vulgo annotamentis inspersimus. Vt rationem autem istam missam facias et auctoritates : sonus tamen et positura ipsa verborum satis declarant, id potius ἐπιμελείᾳ
τῶν λέξεων
modulamentisque orationis M. Tulli convenisse, ut, quoniam utrumvis dici Latine posset, potestatem dicere malet, non potestate. Illud enim sic compositum jucundius ad aurem conspectiusque, insuavius hoc imperfectiusque est, si modo ita explorata aure homo sit, non surda nec jacenti : sicuti est hercle, quod explicavit dicere maluit quam explicuit, quod esse jam usitatius cœperat. Verba sunt hæc ipsius ex oratione, quam de imperio Cn. Pompei habuit : " Testis est Sicilia, quam multis undique cinctam periculis non terrore belli, sed consilii celeritate explicavit." At si explicuit diceret, imperfecto et debili numero verborum sonus clauderet.
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LIVRE I, CHAP 7
On lit dans le cinquième discours de Cicéron
contre Verrès, dans le texte si correct que nous
devons aux soins et à l'érudition de Tiron : “Des hommes sans fortune et sans nom
traversent les mers ; ils abordent à des rivages qu'ils
n'avaient jamais vus, où souvent ils ne connaissent
personne, où souvent personne ne les connaît.
'Tironiania cura. Tiron, affranchi
de Cicéron, perfectionna la tachygraphie. Il passe pour le
premier auteur des caractères que les Latins appelaient
notae. Ceux qui écrivaient de cette manière
s'appelaient notarii. Tiron avait aussi composé la
Vie de Cicéron, dont il était le confident
et l'ami.
Cependant, pleins de confiance dans le titre de citoyen, ils
croient être en sûreté, non pas seulement
devant nos magistrats, qui sont contenus par la crainte des lois
et de l'opinion publique, non seulement auprès des
Romains, citoyens unis avec eux par le même langage, par
les mêmes droits, par une infinité d'autres rapports
; mais, en quelque lieu qu'ils se trouvent, ils espèrent
que ce titre les rendra partout inviolables. Hanc
sibi rem praesidio
sperant futurum.”
On a cru voir une faute de texte dans le dernier mot : on a
prétendu qu'il fallait écrire futuram et non
futurum ; et l'on ne doutait nullement qu'il ne
fallût corriger cet endroit pour éviter que, dans un
'Hanc sibi rem praesidio sperant futurum. -
Deuxième action contre Verrès, 5e
disc., ch. 65.'
discours de Cicéron, le crime de solécisme ne
fût aussi évident que celui d'adultère dans
la
comédie de Plaute (car c'est ainsi que les critiques
désignaient, en plaisantant, la prétendue faute.)
Un de mes amis, qui a beaucoup lu, et qui dans ses veilles a
médité, approfondi la plupart de nos auteurs
Ut
in Plauti comoedia. Cette comédie est la
Casina.
anciens, se trouvait là par hasard. Après avoir
examiné le passage, il soutint qu'il n'y a ni faute de
texte ni solécisme ; que l'expression de Cicéron
est une forme ancienne et régulière : car
futurum, dit-il, ne se rapporte point à rem,
comme le pensent ceux qui lisent sans réflexion et sans
examen ; futurum n'est point là pris comme
participe, c'est un mot indéfini, de ceux que les Grecs
appellent ἀπαρέμφατον,
qui ne se définit pas clairement, qui ne sont asservis ni
au nombre ni au genre, et qui sont indépendants et
impersonnels. C.
Gracchus s'est servi d'une locution
semblable dans un discours qui a pour titre : Sur Quintus
Popilius au sujet des assemblées. Voici le passage
: Credo ego inimicos meos hoc dicturum, je crois que mes
C. Gracchus.
Tribun célèbre, grand orateur, fils de l'illustre
Cornélie, fille de Scipion l'Africain. Caius, poursuivi
par le consul Opimius, se réfugia dans le temple de Diane,
où il fut tué par l'ordre de son ennemi, 121 ans
avant Jésus-Christ.
ennemis le diront. N’est-il pas évident que la
même raison a fait employer dicturum et
futurum au lieu de futuram et dicturos ?
devant être, devant faire, devant dire. Cette tournure est
tout aussi conforme aux règles de la grammaire que celle
qui permet, en grec, de rattacher à des sujets de tous les
nombres et de tous les genres indistinctement des mots tels que
ceux-ci : ποιήσειν,
ἕσεσθαι,
λέξειν et autres
semblables. Mon ami dit que, dans le troisième livre des
Annales
de Cl. Quadrigarius, on trouvait aussi ces
mots : Dum ii conciderentur, hostium copias ibi occupatas
futurum, pendant que ceux-ci seront égorgés,
les troupes des ennemis seraient occupées en cet
endroit.
In Cl.
quoque Quadrigarii ANNALI libro III. Q. Cl. Quadrigarius,
historien romain souvent cité par Aulu-Gelle, était
plus ancien que Sisenna, qui travailla sur la même
matière. Havercamp a publié ses fragments à
la suite de son Salluste.
Le même Quadrigarius commence ainsi le dix-huitième
livre de ses Annales : — Si pro tua bonitate et
nostra voluntate tibi valetudo suppetit, est quod speremus, deos
bonis bene facturum, si vous conservez une santé telle
que le méritent vos vertus et que nous la désirons,
il y a lieu d'espérer que les dieux favoriseront les gens
de bien. Dans le vingt-quatrième livre de Valérius Anthias,
on trouve une semblable tournure : Si hae res divinae factae
riteque perlitatae essent, haruspices dixerunt,omnia ex sententia
processurum esse, si les cérémonies sont faites
selon le rite, on obtiendra, dirent les aruspices, les plus
heureux succès.
In Valerii Antiatis quarto et
vicesimo. Valérius Antias, historien romain qui
écrivit les Annales de la République. Il fut
appelé Antias, d'Antium sa patrie, ville maritime du pays
latin. Il est cité souvent par Aulu-Gelle.
Plaute, dans sa Casina dit, en parlant d'une jeune fille,
occisurum, et non occisuram :
Etiamne habet Casina gladium ? — Habet, sed
duos,
Quibus, altero te
occisurum ait, altero villicum.
— Casina a-t-elle encore une
épée ? — Mieux que cela, elle en a deux :
l'une, dit-elle, servira à vous frapper ; l'autre est
réservée au fermier.
Non putavi, hoc eam facturum
Laberius. Chevalier romain,
auteur de petites pièces satiriques appelées mimes
; il fut contraint par César de paraître sur la
scène pour y jouer dans une de ses pièces. Il
mourut dix mois après le meurtre de César. Il ne
reste de lui que le prologue de la pièce qu'il joua devant
le dictateur, et quelques fragments recueillis par H. Estienne,
Paris, 1564.
......................................Nam
sic
Et laberi mimos ut pulchra poemata mirer.
Horatius, lib. I, sat. 10, v.
6.
— Je n'ai pas cru quelle le ferait.
Or, tous ces écrivains savaient ce que c'est qu'un
solécisme. Gracchus a dit dicturum ; Quadrigarius,
futurum et bene facturum ; Antias,
processurum ; Plaute, occisurum ; Labérius,
facturum, tous ces mots étant employés d'une
manière indéfinie. C'est une forme qui ne subit les
modifications ni du monde, ni des personnes, ni du genre, ni du
temps, mais qui comprend toutcela sous une seule et même
désinence. M. Cicéron, en se servant de
futurum, n'a mis ni le masculin ni le neutre (ce qui
serait en effet un solécisme) ; il a employé un mot
indépendant de tout genre.
Mon ami citait encore un passage du discours de Cicéron
pour la loi Manilia, dans lequel se trouvent ces
mots : Quum vestros portus, atque eos portus, quibus vitam ac
spiritum ducitis, in praedonum fuisse potestatem sciatis,
quand vous savez que vos ports, ces ports qui vous nourrissent,
et sans lesquels vous ne pouvez vivre, ont été au
pouvoir des pirates. Il disait que les mots in potestatem
fuisse ne constituent pas un solécisme, comme le pense
généralement la foule des demi-savants ; et qu'au
contraire la tournure était bonne et toute grecque.
Plante, le plus élégant modèle du
génie de la langue latine, a bien dit dans son
Amphitryon :
Numero mihi in mentem fuit ;
II me vient à l'esprit fort à
propos.
au lieu de in mente, qui est la tournure la plus
ordinaire. Mais, indépendamment de Plaute, dont mon ami
venait de nous citer un passage, les écrivains anciens
nous offrent mille exemples de semblables formes, et j'en ai
cité quelques unes dans ce recueil. Au reste, toute
règle et toute autorité mises à part,
l'harmonie de la phrase et l'arrangement des mots prouvent assez
que cette forme a dû plaire à M. Cicéron,
recherchant avec un soin extrême les effets du nombre et de
la cadence, et qu'il a pu dire, tout en restant fidèle
à la grammaire, in potestatem, au lieu de in
potestate. In potestatem est plus harmonieux, plus
doux , in potestate est dur et désagréable
pour qui a l'oreille exercée, intelligente et
délicate pour saisir ces nuances. C'est ainsi que
Cicéron a préféré encore
explicavit à explicuit, bien que cette
dernière forme eût prévalu de son temps.
Voici ces paroles tirées de son discours pour la loi
Manilia : — Testis est Sicilia, quam multis undique
cinctam periculis non terrore belli, sed consilii celeritate
explicavit, témoin la Sicile, qu'il délivra des
dangers qui la menaçaient de tous côtés,
moins par la terreur des armes que par la
Testis est Sicilia. Cicéron,
Pour la loi Manilia, ch. XI.
célérité des opérations. Mettez
explicuit, la phrase aura moins de nombre et moins
d'harmonie.
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