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Aulu-Gelle
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Liber primus
Capitula
I, 1
I, 2
I, 3
I, 4
I, 5
I, 6
I, 7
I, 8
I, 9
I, 10
I, 11
I, 12
I, 13
I, 14
I, 15
I, 16
I, 17
I, 18
I, 19
I, 20
I, 21
I, 22
I, 23
I, 24
I, 25
I, 26
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Salluste
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Lettre I
I, 1
I, 2
I, 3
I, 4
I, 5
I, 6
I, 7
I, 8
I, 9
I, 10
I, 11
I, 12
I, 13
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Lettre II
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RETIARIVS - Aulu-Gelle
NOCTIVM ATTICARVM I, 6
Multis et eruditis viris audientibus legebatur oratio Metelli Numidici, gravis ac diserti viri, quam in censura dixit ad populum de ducendis uxoribus, cum eum ad matrimonia capessenda adhortaretur. In ea oratione ita scriptum fuit : " Si sine uxore possemus, Quirites, omnes ea molestia careremus ; sed quoniam ita natura tradidit, ut nec cum illis satis commode, nec sine illis uno modo vivi possit, saluti perpetuæ potius, quam brevi voluptati consulendum ." Videbatur quibusdam Q. Metellum censorem, cui consilium esset ad uxores ducendas populum hortari, non oportuisse [ neque] de molestia incommodisque perpetuis rei uxoriæ confiteri ; neque id hortari magis esse quam dissuadere absterrereque : sed contra in id potius orationem debuisse sumi dicebant, ut et nullas plerumque esse in matrimoniis molestias asseveraret et, si quæ tamen accidere nonnumquam viderentur, parvas et leves facilesque esse toleratu diceret ; majoribusque eas emolumentis et voluptatibus oblitterari : easdemque ipsas neque omnibus neque naturæ vitio, sed quorumdam maritorum culpa et injustitia evenire. Titus autem Castricius recte atque condigne Metellum esse locutum existimabat. Aliter, inquit, censor loqui debet, aliter rhetor. Rhetori concessum est, sententiis uti falsis, audacibus, subdolis, captiosis, si veri modo similes sint et possint ad movendos hominum animos qualicumque astu irrepere. Præterea turpe esse ait rhetori, si quid in mala causa destitutum atque impugnatum relinquat. Sed enim Metellum, inquit, sanctum virum, illa gravitate et fide præditum, cum tanta honorum atque vitæ dignitate, apud populum Romanum loquentem nihil decuit aliud dicere, quam quod verum esse sibi atque omnibus videbatur : præsertim cum super ea re diceret, quæ cotidiana intellegentia et communi pervulgatoque vitæ usu comprenderetur. De molestia igitur cunctis hominibus notissima confessus, eaque confessione fidem sedulitatis veritatisque commeritus, tum denique facile et procliviter, quod fuit rerum omnium validissimum atque verissimum, persuasit, civitatem salvam esse sine matrimoniorum frequentia non posse. Hoc quoque aliud ex eadem oratione Q. Metelli dignum esse existimavimus adsidua lectione non hercle minus, quam quæ a gravissimis philosophis scripta sunt. Verba Metelli hæc sunt : " Di immortales plurimum possunt ; sed non plus velle debent nobis, quam parentes. At parentes, si pergunt liberi errare, bonis exheredant. Quid ergo nos a dis immortalibus diutius exspectemus, nisi malis rationibus finem faciamus ? His demum deos propitios esse æquum est, qui sibi adversarii non sunt. Dii immortales virtutem approbare, non adhibere debent."
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LIVRE I, CHAP 6
On lisait devant plusieurs hommes instruits le discours que Metellus
Numidicus, homme grave et disert,
prononça pendant sa censure, devant le peuple, sur la
question du mariage, pour exhorter les citoyens à prendre
des épouses. Dans ce discours, on trouvait le passage
suivant : "Si nous pouvions, Romains, vivre sans femmes, tous
Legebatur oratio
Metelli Numidici. Q. Céc. Métellus, consul l'an
645 de Rome, reçut le surnom de Numidicus pour avoir
vaincu Jugurtha, roi de Numidie. Il fut remplacé par
Marius, son lieutenant, qui, par ses intrigues, le fit envoyer en
exil. Cécilius appartenait à cette famille des
Métellus, qui fournit depuis l'an 283 avant
Jésus-Christ un grand nombre de généraux
distingués. Dans l'espace de 250 années, 29
consulats, 17 censures, 2 dictatures, 4 pontificats,
illustrèrent cette famille.
nous éviterions un tel ennui ; mais, puisque la nature a
voulu qu'on ne pût ni vivre tranquillement avec une femme
ni vivre sans femme, occupons-nous plutôt de la
perpétuité de notre nation que du bonheur de notre
courte vie." Quelques auditeurs trouvaient que le censeur
Métellus, qui voulait exhorter les Romains au mariage,
aurait dû s'abstenir d'avouer les soucis et les
inconvénients inséparables de cet état. En
parlant ainsi, disaient-ils, il détournait ses auditeurs
du mariage, plutôt qu'il ne leur en donnait le goût,
il fallait soutenir la thèse contraire, affirmer que, le
plus souvent, le mariage n'entraîne aucun déplaisir,
et que si le ménage est parfois troublé par
quelques ennuis, ils sont légers et faciles à
supporter ; largement compensés, d'ailleurs, par tant
d'avantages et de plaisirs ; enfin, que ces chagrins
eux-mêmes, n'étant pas un mal universel, ne sont pas
une conséquence forcée du mariage ; mais que, le
plus souvent, ils ne doivent être imputés qu'aux
fautes et à l'injustice de certains maris. Titus
Castricius,
au contraire, pensait que Métellus avait parlé d'une
manière convenable et conforme à son sujet : car,
dit-il, le langage d'un censeur doit différer de celui
d'un rhéteur; le rhéteur peut a son gré
Titus Castricius. Ce rhéteur,
qui enseigna la rhétorique à Rome, sous le règne
d'Adrien, fut un des maîtres d'Aulu-Gelle.
avoir recours à des raisonnements faux, hardis, trompeurs,
captieux ; tout lui est permis pourvu que son discours ait un air
de vérité, et qu'il sache, n'importe par quel
artifice de parole, émouvoir ses auditeurs ; Castricius
ajoutait qu'il serait honteux pour un rhéteur de laisser,
même dans une mauvaise cause, quelque point qui
prêterait matière aux objections. Mais
Métellus, ce magistrat irréprochable, cet homme si
grave et si consciencieux, aussi distingué par
l'éclat de ses honneurs que par la dignité de sa
vie, s'adressant au peuple romain, ne devait dire que ce qui
était vrai pour lui et pour les autres ; surtout parlant
sur un sujet que l'expérience de chaque jour, le commerce
ordinaire de la vie rendaient familier à ses auditeurs. Il
a donc franchement avoué l'existence d'un ennui connu de
tous les hommes ; cet aveu lui a valu de passer pour un magistrat
scrupuleux et de bonne foi ; puis, naturellement et sans peine,
il a fait admettre au peuple cette vérité
parfaitement évidente, que la république ne pouvait
être sauvée sans le mariage. Voici un autre passage
tiré du même discours de Métellus, et qui,
à mon gré, n'est pas moins digne d'être relu
et médité avec une attention soutenue, que les
pensées des plus illustres philosophes : "La puissance des
dieux est grande ; mais leur bienveillance pour nous ne doit pas
aller plus loin que celle de nos parents. Nos parents, si nous
persistons dans la voie de l'erreur, nous
déshéritent; que devons-nous donc attendre des
dieux immortels, si nous ne mettons un terme à nos
égarements ? L'homme, pour mériter leurs faveurs,
ne doit pas être leur ennemi. Les dieux doivent
récompenser la vertu, mais non la donner."
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