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Aulu-Gelle
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Liber primus
Capitula
I, 1
I, 2
I, 3
I, 4
I, 5
I, 6
I, 7
I, 8
I, 9
I, 10
I, 11
I, 12
I, 13
I, 14
I, 15
I, 16
I, 17
I, 18
I, 19
I, 20
I, 21
I, 22
I, 23
I, 24
I, 25
I, 26
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Salluste
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Lettre I
I, 1
I, 2
I, 3
I, 4
I, 5
I, 6
I, 7
I, 8
I, 9
I, 10
I, 11
I, 12
I, 13
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Lettre II
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RETIARIVS - Aulu-Gelle
NOCTIVM ATTICARVM I, 4
Antonius Julianus rhetor perquam fuit honesti atque amœni ingenii ; doctrina quoque ista utiliore ac delectabili ; veterumque elegantiarum cura et memoria multa fuit : ad hoc scripta pleraque omnia antiquiora tam curiose spectabat, et aut virtutes pensitabat aut vitia rimabatur, ut iudicium factum esse ad amussim diceres. Is Julianus super eo enthymemate, quod est in oratione M. Tullii, quam pro Cn. Plancio dixit, ita existimavit. Sed verba prius, de quibus iudicium ab eo factum est, ipsa ponam : " Quamquam dissimilis est pecuniæ debitio, et gratiæ : nam qui pecuniam dissolvit, statim non habet id quod reddidit ; qui autem debet, æs retinet alienum : gratiam autem et qui refert, habet ; et qui habet, in eo ipso quod habet, refert. Neque ego nunc Plancio desinam debere, si hoc solvero ; nec minus ei redderem voluntate ipsa, si hoc molestiæ non accidisset."
Crispum sane,
inquit, agmen orationis rotundumque, ac modulo ipso numerorum venustum, sed quod cum venia legendum sit verbi paulum ideo inmutati, ut sententiæ fides salva esset. Namque debitio gratiæ et pecuniæ conlata verbum utrobique servare posset. Ita enim recte opposita inter sese gratiæ pecuniæque debitio videbitur, si et pecunia quidem deberi dicatur et gratia : sed quid eveniat in pecunia debita solutave, quid contra in gratia debita redditave, debitionis verbo utrimque servato, disseratur. Cicero autem, inquit, cum gratiæ pecuniæque debitionem dissimilem esse dixisset, eiusque sententiæ rationem redderet, verbum debet in pecunia ponit ; in gratia habet subjicit pro debet ; ita enim dicit : " Gratiam autem et qui refert, habet ; et qui habet, in eo ipso quod habet, refert." Sed id verbum habet cum proposita comparatione non satis convenit. Debitio enim gratiæ, non habitio, cum pecunia confertur. Atque ideo consequens quidem fuerat sic dicere: " Et qui debet, in eo ipso quod debet, refert ;" quod absurdum et nimis coactum foret, si nondum redditam gratiam eo ipso redditam diceret, quia debetur. Inmutavit ergo, inquit, et subdidit verbum ei verbo, quod omiserat, finitimum, ut videretur et sensum debitionis conlatæ non reliquisse, et concinnitatem sententiæ retinuisse. Ad hunc modum Julianus enodabat dijudicabatque veterum scriptorum sententias, quas apud eum adulescentes lectitabant.
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LIVRE I, CHAP 4
Le rhéteur Antonius
Julianus était doué d'un esprit
délicat et aimable ; il possédait ce genre
d'érudition qui est aussi intéressant qu'utile ; il
connaissait les beautés des anciens, il en avait
orné sa mémoire. De plus, il se livrait à
l'étude des ouvrages anciens avec tant d'ardeur, il en
Rhéteur de nation espagnole, contemporain
d'Aulu-Gelle. Il suivit à Rome les leçons de
Crassétius, qui avait ouvert une école de
grammaire.
faisait si bien ressortir les beautés, il en critiquait si
à propos les défauts, qu'on était
forcé d'admettre ses décisions comme
irréprochables. Voici l'opinion de ce savant sur
l'enthymème qui se trouve dans le plaidoyer de M.
Cicéron pour Cn. Plancius. Mais avant tout, il me
paraît bon de produire le passage qui a donné lieu
à la discussion : "Quelle différence, d'ailleurs,
entre devoir de l'argent et de la reconnaissance ? Dans le
premier cas, l'argent rendu, il n'y a plus de dette ; et, tant
qu'on doit, on retient ce qui n'est pas à soi, Mais en
fait de reconnaissance, lorsque je rends, je me crois toujours
redevable, et ce sentiment est de lui-même un payement. Ce
que je paye ici à Plancius n'empêchera pas que je ne
reste son débiteur ; et ma bonne intention aurait suffi,
pour m'acquitter envers lui, quand même la disgrâce
qu'il subit ne serait pas venue me mettre à
l'épreuve."
Sans doute, dit Julianus, l'arrangement de ce morceau est
élégant, il a du nombre, de l'harmonie ; la
symétrie des expressions produit une agréable
cadence ; mais il faut de l'indulgence au lecteur, pour la
substitution des mots par lesquels Cicéron a voulu rendre
sa pensée. Car il pouvait très bien, dans sa
comparaison, employer le même mot pour exprimer la dette de
la reconnaissance et celle de l'argent. La comparaison sera juste
avec ces expressions : Devoir de l'argent, devoir
de la reconnaissance ; on pourra se servir du même mot pour
exprimer la différence qui existe entre l'une et l'autre
dette acquittée ou non ; mais Cicéron, ajoute
Antonius, après avoir dit qu'il y a une différence
entre la dette d'argent et la dette de reconnaissance, et voulant
donner la raison de cette différence, emploie le mot
debet, doit, pour l'argent ; et pour la reconnaissance, il
substitue le mot habet, il a, à debet :
voilà ses propres expressions : Gratiam autem et qui
refert, habet ; et qui habet, in eo ipso quod habet, refert.
Or, le mot habet ne fait pas sentir la comparaison
établie ; car c'est ici l'obligation, et non le fait de la
reconnaissance, qui est comparée avec la dette
pécuniaire. Pour être conséquent,
Cicéron aurait dû dire : Et qui debet, in eo ipso
quod debet, refert ; ce qui eût fait un sens absurde et
forcé. Comment, en effet, la dette de la reconnaissance,
qui n'est pas payée, serait-elle censée
l'être par cela même qu'elle est due ? Cicéron
a donc changé le mot, et l'a remplacé par un mot
analogue pour ne pas paraître abandonner sa comparaison,
tout en conservant la justesse de la pensée. C'est ainsi
que Julianus analysait et commentait les pensées de nos
auteurs anciens, dont la jeunesse venait étudier les
ouvrages dans son école.
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