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Aulu-Gelle
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Liber primus
Capitula
I, 1
I, 2
I, 3
I, 4
I, 5
I, 6
I, 7
I, 8
I, 9
I, 10
I, 11
I, 12
I, 13
I, 14
I, 15
I, 16
I, 17
I, 18
I, 19
I, 20
I, 21
I, 22
I, 23
I, 24
I, 25
I, 26
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Salluste
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Lettre I
I, 1
I, 2
I, 3
I, 4
I, 5
I, 6
I, 7
I, 8
I, 9
I, 10
I, 11
I, 12
I, 13
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Lettre II
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RETIARIVS - Aulu-Gelle
NOCTIVM ATTICARVM - I, 22
XXII. Irroboravit inveteravitque falsa atque aliena verbi significatio [ejus], quod dicitur Hic illi superest, quum dicendum est advocatum esse quem cuipiam, causamque ejus defendere. Atque id dicitur, non in compitis tantum, neque in plebe vulgaria, sed in foro, in comitio, apud tribunalia. Qui integre autem loquuti sunt, magnam partem superesse ita dixerunt, ut eo verbo significarent superfluere et supervacare atque esse supra necessarium modum. Itaque M. Varro in satura, quæ inscripta est, Nescis quid vesper vehat, superfuisse dicit immodice et intempestive fuisse.
Verba ex eo libro hæc sunt : " In convivio legi nec omnia debent et ea potissimum, quæ simul sunt βιωψελῆ, et delectent potius : ut id quoque videatur non defuisse magis, quam superfuisse." Memini ego, prætoris, docti hominis, tribunali me forte assistere, atque ibi advocatum non incelebrem sic postulare, ut extra causam diceret, remque, quæ agebatur, non attingeret; tunc prætorem ei, cuja res erat, dixisse advocatum eum non habere : et quum is, qui verba faciebat, reclamasset : " Ego illi V. Cl. supersum," respondisse prætorem festiviter: " Tu plane superes, non ades". M. autem Cicero, in libro qui inscriptus est, de Jure civili in artem redigendo, verba hæc posuit : " nec vero scientia juris majoribus suis Q. Aelius Tubero defuit, doctrina etiam superfuit;" in quo loco superfuit significare videtur supra fuit et præstitit, superavitque majores suos doctrina sua superfluenti tamen et nimis abundanti : disciplinas enim Tubero stoicas dialecticas percalluerat. In libro quoque de Republica secundo id ipsum verbum Ciceronis non temere transeundum. Verba ex eo libro hæc sunt : " Non gravarer, Læli, nisi et hos velle putarem, et ipse cuperem, te quoque aliquam partem hujus nostri sermonis attingere : præsertim quum heri ipse dixeris te nobis etiam superfuturum. Verum [ si] id quidem fieri non potest, ne desis, omnes te rogamus."
Exquisite
igitur et comperte Julius Paulus dicebat, homo in nostra memoria doctissimus, superesse non simplici ratione dici tam Latine quam Græce : Græcos enim περισσὸν
[ περιεῖναι]
in utramque partem ponere; vel quod supervacaneum esset ac non necessarium, vel quod abundans nimis et affluens et exsuperans. Sic quoque nostros veteres superesse alias dixisse pro superfluenti et supervacuo neque admodum necessario, ita ut supra posuimus Varronem dicere : alias ita, ut Cicero dixit, pro eo quod copia quidem et facultate cæteris anteiret, supra modum tamen et largius prolixiusque flueret, quam esset satis. Qui dicit ergo se superesse ei quem defendit, nihil istorum vult dicere; sed nescio quid aliud indictum inscitumque dicit. At ne Vergilii quidem poterit auctoritate uti, qui in Georgicis ita scripsit :
id est reliquum esse est restare; quod, quidem divise pronuntiandum est, ut non una pars orationis esse videatur, sed duæ. Cicero autem in secunda Antonianarum, quod est reliquum, non superesse, sed restare dicit. Præter hæc superesse invenimus dictum pro superstitem esse : ita enim scriptum est in libro Epistolarum M. Ciceronis
ad L. Plancum et in epistola [M.] Asini Pollionis ad Ciceronem verbis his : " Nam neque deesse reipublicæ volo, neque superesse", per quod significat, si respublica emoriatur et pereat, nolle se vivere.
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LIVRE I, CHAP 22
Il existe encore aujourd'hui une locution très
répandue dans laquelle on donne à
superesse une signification qui ne lui est pas propre;
ainsi on dit : Hic illi superest, pour dire il est son
avocat. Cette locution est en usage non seulement dans les
carrefours, parmi le bas peuple, mais au forum, dans les
comices, dans les tribunaux. Mais tous ceux qui ont
parlé leur langue avec le plus de pureté ont
donné à superesse le sens d'être
superflu, surabonder, être de reste. Ainsi M. Varron,
dans la satire qui a pour titre : Vous ne savez pas ce
que le soir amène, a donné à
superesse le sens de être de trop,
être hors de saison, hors de propos.
Nescis quid vesper serus vehat. "Vous ne
savez pas ce que le soir amène;"
c'est-à-dire, "vous ignorez ce que l'avenir vous
prépare."
Voici le passage de Varron : " In convivio legi nec omnia
debent, et ea potissimum, quæ simul sunt
βιωψελῆ,
et delectent potius : ut id quoque videatur non defuisse
magis, quam superfuisse, dans un festin toute lecture
n'est pas convenable; il faut choisir ce qui peut
être utile à la vie et agréable en
même temps; il faut que l'agréable domine.
En pareille matière, préférez
l'excès à l'insuffisance
d'agrément." Je me rappelle que, me trouvant un
jour, par hasard, à l'audience d'un préteur
fort instruit, j'entendis un avocat, qui n'était
pas sans mérite, demander qu'on lui permît
de laisser là sa cause. Le préteur dit
à la partie intéressée : "Vous
n'avez pas d'avocat." Le défenseur de
s'écrier : Ego illi, vir clarissime,
supersum, très illustre magistrat, me voici;
et le préteur de répondre malicieusement :
Tu plane superes, non ades, vous êtes de
trop, vous n'êtes pas présent. M.
Cicéron, dans le traité intitulé :
de la Manière de réduire en art le droit
civil, s'exprime ainsi : Nec vero scientia
juris majoribus suis Q. Ælius Tubero
defuit, doctrina etiam superfuit, Q.
Élius Tubéron, par ses connaissances dans
le droit, se montra digne de ses ancêtres, et il
les surpassa même par son instruction. Ici
Ce passage appartient aux Fragments
philosophiques.
superfuit semble signifier que Tubéron
laissa bien loin ses ancêtres par l'étendue
et l'extrême abondance de son savoir : en effet,
Tubéron connaissait à fond la philosophie
du Portique et la dialectique. Dans le second livre de la
Répub]ique, nous trouvons encore le
même mot employé par Cicéron; nous ne
devons pas omettre ce passage : Non gravarer, Læli, nisi et hos velle putarem, et
ipse cuperem, te quoque aliquam partem hujus nostri
sermomis attingere : præsertim quum heri ipse
dixeris te nobis etiam superfuturum. Verum, [si] id
quidem fieri non potest, ne desis, omnes te rogamus,
Lélius, Romain célèbre par
ses vertus et par son amitié pour Scipion
l'Africain, fut élevé au consulat l'an 190
avant Jésus-Christ. Il fut l'ami de Polybe, auquel
il fournit d'utiles renseignements pour son
Histoire. Son fils Lélius Népos fut
lié étroitement avec le second Africain. Il
fut consul l'an 140 avant Jésus-Christ. Ami de
Pacuvius et de Térence, il cultiva les lettres. On
sait que Cicéron a donné le nom de
Lélius à son dialogue sur
l'amitié.
je continuerais, Lélius, si mes compagnons le
voulaient, si je ne désirais moi-même
t'entendre discuter quelque partie du sujet sur lequel
nous nous entretenons : d'ailleurs, tu te rappelles que
tu as dit hier que tu pouvais sur ce sujet en dire plus
long que nous, et même plus peut-être qu'on
ne voudrait en entendre. Mais jamais nous ne pourrons
nous lasser d'entendre Lélius; nous le prions tous
de tenir sa parole.
Julius
Paulus, un des hommes les plus
érudits de notre temps, disait, avec autant de
justesse que de sens, que superesse est
susceptible de plusieurs acceptions, tant en latin qu'en
grec. En effet, par le mot περισσὸν,
Jurisconsulte romain, né à Rome,
selon les uns, à Tyr, selon les autres,
contemporain et rival de Papinien, florissait au
commencement du troisième siècle. Il fut
élevé au consulat par Alexandre
Sévère. De tous ses ouvrages, il ne nous
reste que quelques fragments cités dans le
Digeste.
les Grecs désignent ou ce qui est de trop et
superflu, ou ce qui est en grande quantité, en
trop grande abondance. Ainsi nos ancêtres, par
superesse, exprimaient tantôt le superflu,
l'inutile, ce qui n'est d'aucune nécessité,
comme nous le prouve le passage cité par Varron;
tantôt, comme chez Cicéron, ce qui surpasse
beaucoup les autres choses, au delà de toute
mesure en allant jusqu'à l'excès. Or,
l'avocat qui dit superesse se ei, en parlant de
son client, n'entend cette locutien d'aucune de ces
manières. Je ne sais quel sens inconnu,
inadmissible, il lui donne. On ne peut même ici
s'appuyer de l'autorité de Virgile, qui a dit dans
ses Géorgiques :
Primus ego in patriam mecum, modo vita
supersit
Le premier, je veux amener avec moi dans ma
patrie, pourvu que le ciel m'accorde assez de jours.
Car, dans cet endroit, Virgile me
semble avoir altéré le sens du mot
superesse, auquel il donne la signification de subsister
longtemps, d'avoir une longue durée. J'aime mieux le
sens que Virgile a donné à ce même mot dans
cet autre passage :
Florentisque seécant herbas, fluviosque
ministrant,
Farraque, ne blando nequeat superesse labori.
On fauche pour lui l'herbe tendre; on lui sert
l'eau dont il s'abreuve; on apporte devant lui du grain, de
peur qu'un travail si doux ne l'épuise.
Ici superesse signifie
suffire au travail, résister à la fatigue. J'ai
recherché si les anciens écrivains ont
employé superesse dans le sens de rester en
arrière, manquer à ce qui reste à faire.
Pour exprimer cette idée, Salluste a dit
superare, et non superesse. Voici ses paroles,
tirées de l' Histoire de la guerre de Jugurtha :
Is plerumque seorsum a rege exercitum ductare, et omnis res
exsequi solitus erat, quæ Jugurthæ fesso aut
majoribus astricto superaverant, il avait l'habitude de
conduire l'armée sans le roi, et faisait ordinairement
ce que la fatigue ou des travaux plus importants ne
permettaient pas à Jugurtha de faire lui-même.
Dans le troisième livre des Annales
d'Ennius, nous
trouvons ce vers :
Inde sibi memorat unum superesse
laborem,
Quintus Ennius, ancien poëte latin,
né à Rudies, en Calabre, 240 ans avant
Jésus-Christ, suivit d'abord sa carrière
militaire. Il fut amené à Rome par Caton
l'Ancien. Il composa des comédies, des
tragédies, des satires, et un poëme
intitulé : les Annales de la
République, en dix-huit chants.
Il dit alors qu'il lui reste une tâche
à remplir.
c'est-à-dire qu'il lui reste
encore quelque chose à faire. Ce mot doit être
divisé par la prononciation en deux mots distincts, au
lieu de n'en former qu'un. Cicéron, dans la
deuxième Philippique, pour désigner ce qui
reste, dit restare, et non superesse. Enfin nous
trouvons superesse pour superstitem esse
(survivre). Dans le recueil des Lettres de M. Cicéron
à L. Plancus, nous lisons dans une lettre de M.
Asinius Pollion
à Cicéron : Nam neque deesse
reipublicæ volo, neque superesse (je ne veux ni
refuser mes services à la république, ni
lui survivre), ce qui veut dire évidemment que si
Asinius Pollion, orateur romain, consul l'an 39
avant Jésus-Christ, fut le premier qui
établit une bibliothèque à Rome. Il
mourut l'an 3 de Jésus-Christ, laissant des
discours, des lettres, des tragédies, un livre
contre Salluste,, et l'Histoire des guerres
civiles, en vingt-sept livres. On n'a de lui que
trois Lettres à Cicéron. Pollion
fut, comme Mécène, le protecteur et l'ami
de Virgile et d'Horace, qui l'ont immortalisé dans
leurs écrits. C'est à lui que Virgile
adresse la quatrième églogue, et Horace la
première ode du deuxième livre.
l'État succombe, il ne veut pas survivre à
sa ruine.
Dans l'Asinaire de Plaute, nous voyons un autre
exemple plus frappant encore; ce sont les deux premiers vers de
la pièce :
Sicut tuum vis unicum gnatum tuæ
Superesse vitæ sospitem et superstitem.
Puisque vous voulez que votre fils unique vous
survive et fournisse après vous une longue
carrière.
Ce serait donc joindre à
l'impropriété des termes un présage
fâcheux, si un avocat avancé en âge disait
à un jeune homme, son client : Ego tibi
supersum.
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