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Aulu-Gelle
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Liber primus
Capitula
I, 1
I, 2
I, 3
I, 4
I, 5
I, 6
I, 7
I, 8
I, 9
I, 10
I, 11
I, 12
I, 13
I, 14
I, 15
I, 16
I, 17
I, 18
I, 19
I, 20
I, 21
I, 22
I, 23
I, 24
I, 25
I, 26
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Salluste
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Lettre I
I, 1
I, 2
I, 3
I, 4
I, 5
I, 6
I, 7
I, 8
I, 9
I, 10
I, 11
I, 12
I, 13
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Lettre II
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RETIARIVS - Aulu-Gelle
NOCTIVM ATTICARVM - I, 21
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LIVRE I, CHAP 21
On lit ordinairement ainsi ces deux vers des
Géorgiques de Virgile :
At sapor indiciuin fauiet
manifestas, et ora
Tristia tentantum sensu torquebit amaro.
La saveur de cette eau vous fera connaître,
la qualité de la terre; si vous la goûtez, elle
vous laissera une amertume désagréable.
Mais Hygin, grammairien d'un grand mérite, affirme et
soutient, dans ses commentaires sur Virgile, que tel n'est pas
le texte du poète, et qu'il a lu lui-même, dans un
exemplaire qui avait appartenu à la famille de Virgile,
ces vers écrits ainsi :
……………………………Et
ora
Tristia tentantum sensu torquebit amaror.
Hygin n'est pas le seul qui admette cette leçon; elle
a été reçue aussi par plusieurs savants.
En effet, il paraît absurde de dire sapor sensu amaro
torquet; car, dit-on, puisque la saveur, sapor, est
une sensation, sensus, et qu'on ne peut mettre dans la
saveur d'autre sensation qu'elle-même, c'est comme si on
disait : sensus sensu amaro torquet, une sensation vous
révolte par une sensation amère. Je lisais un
jour avec Favorinus ce commentaire d'Hygin; choqué de la
dureté et de la nouveauté de la tournure,
sensu torquebit amaro, notre philosophe se mit à
rire : "Je suis prêt, dit-il, à jurer par Jupiter
Lapis, ce qui
est le plus sacré de tous les serments, que jamais
Virgile n'a écrit amaro. Je partage
Jovem lapidem [...].Cette espèce
de serment rappelle l'ancienne manière de
contracter. Sextus Pompilius rapporte qu'alors les
contractants, prêts à jurer sur les autels
de Jupiter, tenaient chacun à la main une pierre
en disant : "Si, le sachant, je trompe, que Jupiter, en
conservant la ville et le Capitole, me jette hors de mes
possessions, comme je jette cette pierre." Les Romains
juraient ordinairement par Jupiter Pierre, per Jovem
Lapidem; c'était une statue de pierre
érigée à ce dieu dans le Capitole,
dès l'origine de Rome. On tenait une pierre à
la main en faisant le serment.
complètement l'avis d'Hygin." Virgile ne s'est pas servi
le premier du mot amaror; on le trouve dans
Lucrèce, et Virgile n'a pas cru devoir dédaigner
l'autorité d'un poète distingué par son
génie et son éloquence. En effet, on trouve dans
le quatrième chant du poëme de Lucrèce
lefcvers suivants :
Denique in os saisi venit humor
sæpe saporis :
Quum mare versamur propter : dilutaque contra
Quum tuimur misceri absinthia, tangit amaror.
Parcours les bords de l'Océan, la vapeur
saline affecte ton palais, et l'absinthe broyée devant
toi te lance son amertume.
Ce ne sont pas seulement des mots, mais des vers entiers,
des passages même que Virgile a empruntés à
Lucrèce.
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